02.11.2017

Cette idée de liberté est-elle la nôtre?

Elles existent dans le monde entier: les marches pour le droit à la vie. De même, la „Marche pour la Vie“ est organisée depuis 2009 en Suisse par l’association „Marsch fürs Läbe“. L’association est soutenue par des représentants d’organisations chrétiennes diverses. Mais cette association que fait-elle précisément et à quoi s’engage-t-elle? La responsable des contacts médias de langue allemande, Beatrice Gall, prend position en une interview avec quelques bacheliers quant aux buts de l’association et explique les raisons pourquoi tant de personnes s’engagent toujours à nouveau pour la vie humaine non encore née.

Que fait votre association? Quelles sont vos valeurs?

L’association „Marsch fürs Läbe“ s’engage pour la dignité inconditionnelle et la protection de la vie humaine dès l’engendrement jusqu’à la mort naturelle. Nous organisons chaque année le rassemblement „Marche pour la Vie“ pour poursuivre ce but. Le rassemblement se déroule habituellement dans une manifestation, une marche et un culte interconfessionnel.

 

Pourquoi vous opposez-vous à l’avortement?

Parce que nous sommes POUR la vie. Nous nous sommes engagés à la vie, à la liberté et à l’avenir. Ce signifie que nous voulons promouvoir une culture de vie, non pas une culture de la mort. Ils existent toujours des alternatives à l’avortement qui permettent la vie à l’enfant, par ex. l’adoption ou une „boîte à bébés“. Seule une société qui protège ses membres les plus faibles a un avenir digne de la vie.

 

Quelle est votre position au sujet d’avortements suite à une conception provoquée par un crime violent?

Des femmes traumatisées qui subissent de telles situations ont à tout prix besoin d’une aide orientée vers l’avenir et d’un accompagnement à long terme. Un avortement est encore un traumatisme (voir le Syndrôme post-IVG) et la femme subirait donc par un avortement un traumatisme en plus. Proposer, suite à un acte de violence subi, une thérapie qui consiste en un acte de violence contre l’enfant non encore né serait contraire à la logique et à toutes les règles de la thérapie des traumatismes. La guérison réussit plutôt par l’intégration de l’enfant à naître et par la solidarisation avec lui qui est aussi une victime.

 

Quelle est votre position au sujet d’avortements en cas de danger de mort pour la mère?

Il s’agit dans ce cas d’une pesée des intérêts car la même dignité appartient à la vie des deux êtres humains – nous parlons bien de DEUX êtres humains. Grâce à la médecine moderne, ces cas n’apparaissent heureusement que très rarement. Bien plus fréquents sont les cas où les propos d’un éventuel handicap servent de raison pour recommander aux parents un avortement – et un enfant en bonne santé naît ensuite.

 

Comment votre association soutient-elle des femmes qui deviennent mères sans l’avoir prévu?

Plusieurs organisations liées avec notre association soutiennent des femmes qui se trouvent face à une grossesse sans l’avoir prévu. Ces associations soutiennent aussi des couples et des familles (nombreuses). Le soutien se fait par des conseils et par des aides concrètes. Des futurs parents peuvent suivre les liens sur notre site internet et contacter directement ces organisations.

 

Une grande discussion se passe actuellement en Irlande au sujet de l’avortement. Que pensez-vous, quelle pourrait être la raison principale pour le fait que l’avortement n’est pas (encore) légalisé en Irlande?

Visiblement, la dignité inconditionnelle de l’être humain, la dignité de la vie et de la famille sont encore plus présentes dans l’esprit de beaucoup d’Irlandais que dans l’esprit de nous, les Suisses. L’influence plus forte de l’Église catholique, qui soutient des positions claires quant à la protection de la vie, joue certainement un rôle.

 

Devrait-on changer la loi en Suisse? Le cas échéant, comment faudrait-il le faire?

Il faudrait tout d‘abord abolir la solution des délais car elle suggère que la vie ait moins de valeurs pendant les douze premières semaines qu’une fois ce délais passé. Cette rupture arbitraire (mensonge des délais) est en contradiction directe au savoir scientifique. Elle ouvre tout grand les portes à un arbitraire inhumain (euthanasie). Il est en plus important qu’une „culture de vie“ se mette en place dans notre pays. Il faudra aimer, protéger et soutenir la vie humaine de moment de l’engendrement jusqu’à la mort naturelle. Accompagner et aider des êtres humains dans le besoin et en détresse en fait partie. Cet accompagnement doit mener finalement à la vie. Le nombre de femmes qui sont poussées vers l’avortement (par ex. par le père de l’enfant ou par des médecins) démontre l’urgence de cet engagement. Un pareil signe est le nombre de femmes qui souffrent sous le Syndrôme post-IVG.

 

En Irlande, l’Église a encore une grande influence dans la politique. Ce fait est-il problématique à vos yeux?

Je considère qu’une forme saine d’influence des Églises chrétiennes sur la vie des êtres humains est un avantage. Les valeurs qui ont marqué l’Europe, qui l’ont avancé et rendu fort, proviennent de la foi chrétienne. S’éloigner de la foi n’est donc pas un progrès mais une régression. L’indifférence post-moderne rend un discours constructif sur les valeurs impossible. Cela a des conséquences fatales pour la protection de la vie et pour d’autres sujets qui sont élémentaires pour les êtres humains.

 

Pensez-vous que les gens aient peur de parler sur ce sujet?

Oui. Il est de plus en plus un tabou parce qu’il existe un dictat agressif d’opinion de la part de cercles de l’extrême gauche. Ce cercles déclarent que l’avortement serait un droit de la femme. Ils propagent l’avortement comme un gain au lieu de le présenter tel qu’il est: comme une intervention médicale inhumaine qui tue des enfants non encore nés, qui traumatise des mères et qui cause des dommages à leurs familles à long terme. Certaines personnes se taisent puisqu’elles sont affectées personnellement ou parce qu’elles veulent être „tolérantes“. Dans ce cas, la liberté est souvent confondue avec „l’absence de valeurs“.

 

Devrait-on évoquer plus les thème de l’avortement au niveau politique?

Évidemment. Nous avons besoin de politiciens qui expliquent de manière convaincante que la liberté ne peut pas et ne doit pas être réalisée aux dépens de la liberté des êtres humains non encore nés. Un État qui veut avoir un avenir protège la dignité inconditionnelle et imperdable de ces citoyens. Seulement si les membres les plus faibles de l’État vont bien, tous vont bien – encore à long terme. Le préambule de la Constitution fédérale dit que „la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres“.

 

Que pensez-vous du fait que la solution des délais est en vigueur et qu’on n’a pas besoin d’un avis consultatif pour une interruption de grossesse?

L’introduction de la solution des délais a été à nos yeux une grosse erreur des citoyens suisses. Des femmes sont soumises à des pressions par ce délais défini de manière arbitraire. Au niveau du temps mais encore quant aux arguments: ce qui est permis est considéré par beaucoup de gens comme „juste“. Si une femme ne veut pas avorter son enfant, d’autres disent: „Comment te comportes-tu? C’est légal, fais-le alors.“ Sans freins, sans un délais de réflexion suffisant, beaucoup de femmes se décident pour la „solution“ présumée la plus „simple“ et surtout la plus rapide à leur situation – ce qui se présente ensuite pour beaucoup d’entre elles comme une erreur tragique et regrettée pendant tout leur vie. Elles prennent cette décision au cours des premières semaines de la grossesse – pendant lesquelles elles vont souvent mal suite au changement hormonal. Le fait que nous acceptons cela est une tragédie! Il est en plus grotesque que nous essayons d’un côté tout ce qui est humainement possible au niveau médical pour sauver des bébés prématurés et que d’autre part des avortements tardives peuvent avoir lieu – cela concerne des vies humaines qui se trouvent en partie au même stade!

 

Que pensez-vous du fait que des hommes ne peuvent pas prendre part à cette décision?

Le fait que des hommes payent des pensions alimentaires mais ne peuvent pas prendre part à la décision si leur enfant sera né ou non est complètement contraire à la logique et aux intérêts de l’enfant. Des hommes ont raison de se révolter contre cette injustice. D’autre part, ce sont en fin de compte souvent des pères qui mettent la pression sur les mères au sujet de l’avortement, au point qu’elles procèdent finalement à l’avortement.

 

En Suède, l’association des jeunes libéraux a demandé que des futurs pères puissent échapper à leur devoir et ne doivent donc pas payer pour pourvoir à la subsistance. Qu’en pensez-vous?

Un pas dans la mauvaise direction. Il s’agit de responsabilité qui doit aussi être assumée.

 

Un dernière réflexion …?

De nombreuses femmes souffrent après un avortement sous le Syndrôme post-IVG, une forme de trouble de stress post-traumatique (TSPT). Les personnes atteintes par le TSPT sont plus fortement en danger de commettre un suicide – ce danger est quinze à vingt fois plus élevé que chez la population en général. La probabilité d’une dépression augmente de même (augmentation de 50 pourcent!). La tentative d’échapper au traumatisme augmente aussi la probabilité d’une dépendance alcoolique, d’une toxicomanie ou d’une dépendance à des médicaments (jusqu’à 80 pourcent). Tout cela corresponde-t-il à notre idée de liberté? Il est grand temps d’assister des futures mères autrement qu’avec un avortement!